Martin Camus MIMB « CAHIER D’UN RETOUR AU PAYS…»

Martin Camus MIMB « CAHIER D’UN RETOUR AU PAYS…»

#Komiaza.com- « Cahier d’un Retour au Pays… » est un texte qui dégage une haute valeur pédagogique. Il s’agit d’un appel de Martin Camus Mimb à ces Africains qui pour une raison qu’ils sont les seuls à expliquer décident de prêter leur talent à leur pays d’accueil, de naissance qu’à leur pays d’origine. Les exemples pris sont clairs et évocateurs.

« Un petit conseil pour rentrer dans l’histoire. »

Cette photo de Alexander Isak de retour dans le pays de ses parents, en Érythrée, m’impose une interpellation forte aux footballeurs nés et grandis hors du continent africain qui font le choix des nationalités sportives autres. Ce n’est pas un procès, mais un petit conseil pour rentrer dans l’histoire. Que Mbappé choisisse de jouer pour la France et pas pour le Cameroun est négligeable, parce que le Cameroun a connu des joueurs de sa dimension. Il n’aurait été qu’un de plus pour agrémenter l’histoire. Que Zidane joue pour la France plutôt que l’Algérie peut gêner, mais cette Algérie qui a connu les Madjer, Belloumi et autres, a déjà goûté aux délices des grands talents et peut avoir une moindre douleur. Que Balotelli même choisisse la Squadra plutôt que les Black Stars, est anecdotique pour un pays qui a eu les Abedi Pelé et les Stéphane Appiah…

« Une hirondelle peut faire le printemps. »

Mais voir Isak avec la Suède plutôt que l’Érythrée, c’est passer à côté de l’histoire. Parce que l’histoire peut commencer par lui dans un pays qui n’a pas la réputation de produire des tonnes de talents dans le football. Il n’y serait pas allé pour gagner la Can ou la Coupe du monde, mais pour être la fondation d’un rêve qui peut aller au-delà de lui. Et s’inscrire dans l’éternité. Les nations dites grandes dans le football, ne le sont que parce qu’il y’a eu des précurseurs et leurs exploits ont bonifié les générations suivantes et ainsi de suite. Kondogbia après cinq sélections avec les Bleus, s’est ravisé pour revenir aux terres ancestrales de Centrafrique, même si on est d’accord que son avenir en bleus s’écrivait en pointillé. Mais il n’est pas étranger au réveil centrafricain, qui ne réclame aucun passé footballistique connu. Oui, une hirondelle peut faire le printemps.

« Luol Deng, ancien joueur Anglo-soudanais…»

Voilà le Sud Soudan qui est devenu une puissance mondiale de basket-ball. Parce que un seul homme, Luol Deng, ancien joueur Anglo-soudanais, deux fois All Stars avec les Bulls, a décidé de venir donner son nom et son image dans un endroit sportivement désertique et qu’il a rendu luxuriante de verdure. Le Soudan était la seule équipe africaine qualifiée aux JO de Paris. Oui, c’est possible d’écrire le premier le cahier d’un retour au pays natal, d’être la bouche des malheurs qui n’ont point de bouches, et de transformer les cachots du désespoir en hameaux de l’espérance.

Martin Camus MIMB