#Komiaza.com - Il était une fois, dans un pays nommé Ndolekouet, un prince nommé Ladjirion. Il était le fils du roi Ladji, un monarque redouté de tous.
Malgré son statut princier, Ladjirion était connu pour son comportement turbulent et ses frasques dans la capitale comme au lycée. Un jour, il se présenta en classe avec un pistolet dans son sac, semant la terreur parmi les élèves et les enseignants.
Pris de panique, certains enseignants se refugièrent au bureau de Monsieur le proviseur qui barricada les portes. Monsieur Saboua, le censeur ne se laissa pas intimider par le comportement du prince. Malgré la mise en garde du chef de l’établissement, il poussa la porte et se dirigea vers la classe aux abois. Il y trouva Ladjirion assis sur le bureau du professeur, tandis que l’enseignant de mathématique et les élèves étaient tous couchés à plat ventre sur le sol poussiéreux. D’un pas alerte il entra dans la salle de classe et tendit la main :
- Remets-mois cette arme ! Vite ! lui dit-il, avançant vers celui qui se considérait comme le justicier de la République.
Le prince lui remit le pistolet, sans rechigner.
- Retrouvez-moi au bureau, lui dit Monsieur Saboua.
- Ce n’était pas pour faire du mal, Monsieur. Je voulais juste leur faire peur. répondit le prince derrière le censeur.
A la première pose, le porte-voix appela tout le lycée au grand rassemblement. Ce n’était pas un habituel après le démarrage des cours. Personne ne fut absent.
Devant les élèves et les enseignants, Monsieur Saboua offrit un café extraordinaire à Ladjirion. Il fit porter le fils du roi par quatre gaillards et lui administra cinquante coups de fouet, sous les regards ahuris des enseignants et de toutes les petites filles qui ne respiraient encore que pour conquérir le cœur du prince. Le proviseur qui avait tenté de s’interposer, en vain, faillit piquer une crise cardiaque à cause de cet « acte rebelle » du censeur.
A la fin de la punition, le censeur remis une convocation au collégien. Il voulait voir ses parents. Le jeune homme de dix-huit ans remis la convocation au chauffeur venu le prendre à la sortie de l’établissement.
Le lendemain, le roi arriva u lycée, escorté par une dizaine de voitures remplies de gardes. Le proviseur l’accueillit à l’entrée, avec tous les honneurs dus à son rang. Le roi demanda à voir le censeur, en tendant la convocation au proviseur. Il voulait comprendre comment il avait pu non seulement frapper son fils, mais exigé que ses parents se présentèrent au lycée avant que l’enfant ne fut réadmis en classe.
- « Il a creusé sa propre tombe et ne doit y entrainer personne », ruminait le proviseur avant d’envoyer appeler le censeur.
Lorsque M. Saboua entra, il se courba pour saluer le roi. Ensuite, sans recevoir l’ordre de prendre la parole, il s’adressa au roi :
- « Mon roi, le prince s’est présenté en classe muni d’une arme. Il a menacé de tirer sur toute la classe de terminale C. lorsque je suis arrivé, j’ai trouvé le professeur de mathématique et vingt-deux élèves à plat vendre. Votre fils était assis sur la table du professeur et son arme pointée sur ses cibles. C’est inadmissible dans un établissement scolaire. »
- « Et vous avez fait balancer mon fils ! »
- « Votre fils a posé un acte qui méritait une sanction énergique. Il fallait agir pour protéger les élèves et l’institution. Je l’ai fait. »
Le roi, intrigué, demanda :
- « Et si cela se reproduisait demain, le ferais-tu à nouveau ? »
Monsieur Saboua répondit sans hésitation :
- « Oui, si c’est nécessaire pour maintenir l’ordre au sein du lycée, pour montrer à l’élève que son acte n’est pas tolérable. »
Le roi, curieux, demanda à M. Saboua de lui montrer comment il avait puni son fils. C’est ainsi que le censeur sortit, revint quelques instants après à la tête de quatre gaillards à qui il ordonna de saisir le prince par les membres. Ce qui fut fait. Et, sous le regard du roi, il administra soixante coups de fouets à l’enfant.
Lorsqu’il acheva de fouetter le prince, le roi se leva et sans aucun commentaire, il prit congé du lycée. Le proviseur qui cherchait à lui dire quelque chose de plus près fut poussé au loin par un élément de la sécurité. Il se renversa, se leva et jeta un regard accusateur sur le censeur qui se moquait de lui.
- « Tu as foutu les gens dans la merde. Personne ne peut prédire à quelle sauce nous serons mangés. Ce sera ta faute. Et tu viens de tomber dans son piège. Comment as-tu pu fouetter à nouveau le prince ? »
Le lendemain, lors de son discours télévisé, le roi nomma M. Saboua ministre de l’Education, saluant son courage et sa fermeté. Le pays entier fut surpris par cette nomination, mais tous comprirent que le roi avait reconnu la valeur de M. Saboua en tant qu’homme de principes.
Quant à lui, le prince fut réadmis en classe. Il venait d’apprendre une leçon importante sur la discipline et le respect des règles. M. Seboua devint un symbole de courage et d’intégrité dans le pays. De nombreuses organisations des droits de l’homme lui attribuèrent des distinctions.
MOMOKANA Augustin Roger
MEDIAS
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