Agroforesterie : une Coopérative des Champs Ecoles Paysans en gestation dans la Menoua.

Agroforesterie : une Coopérative des Champs Ecoles Paysans en gestation dans la Menoua.

#Komiaza.com - L’appauvrissement des sols, l’accroissement de la population et la rareté des sols agricoles sont des raisons qui devraient conduire les populations à revoir leur système agricole basé pour l’essentiel sur la monoculture.

Récemment, au Centre d’appui à la technologie, à  l’innovation et à l'incubation de l’Université de Dschang (CATI²-UDs), dans le cadre du projet ACREGIR (projet Accroitre la résilience des communautés locale au changement climatique grâce à l’entreprenariat des jeunes et à la gestion intégrée des ressources naturelles au Cameroun), près d’une vingtaine de paysans et quelques ingénieurs en gestation de la FASA (Faculté d’Agronomie et des Sciences Agricoles) ont reçu une formation en agroforesterie.

L’atelier dont la cible était les membres des champs écoles paysans s’est articulé sur plusieurs modules dont le tour d’horizon des différents systèmes agroforesteries et bénéfices attendues ; l’agroforesterie à base des PFNI sélectionnés : pratiques et facteurs de réussite ; l’agroforesterie à base de Bambous de chine ; la gestion des revenus économiques directes et indirectes à partir de l’agroforesterie.

En une journée, vendredi 14 mars 2025, sous la coordination du Pr TCHAMBA Martin, Dr ATCHOMBOU Baurel,  M. TCHINDE Arnaud, M. NOUARVEING Aliyoum, DJEUDJI Gabin et M. TATANG Maurice ont édifié les bénéficiaires pour la plupart des paysans des thèmes à l’ordre du jour, répondu à leurs multiples questions. Le lendemain, les champs écoles paysans préposés pour la convention ont été visités.

La finalité recherchée par l’Université de Dschang et ACREGIR étant d’aider les paysans « à diversifier leurs revenus et de renforcer leur résilience au changement climatique ». Ce qui réduit, forcément,  leur vulnérabilité. Les 15 paysans dont les plantations seront bientôt conventionnées dans le cadre du projet ACREGIR viennent de Dschang, Fongo-Tongo, Nkong-Ni, Fokoué et Ntengue.

Comment entreprendre dans l’agroforesterie ?

L’université de Dschang qui est un spécialiste mondialement connu dans la recherche et la formation agricole a jeté son choix sur les arbres à PFNI et le bambou de Chine. Parce que ce système de reboisement présente plusieurs avantages dont l’amélioration de la productivité agricole, la diversification des revenus du paysan,  et l’utilisation de plusieurs essences forestières adaptées aux systèmes forestiers locaux, la résilience du système de production aux maladies, la restauration des sols dégradés et la lutte contre la déforestation.   

Sur ce plan, le projet ACREGIR initié par le ministère de l’Environnement, de la Protection de la Nature et du Développement Durable (MINEPRD) va doter les champs écoles de plans de mango bush, bitta cola, voacanga, bambou de Chine ; tandis que l’Université de Dschang mettre à la disposition des champs écoles paysans des experts pour les accompagner dans la plantation des arbres, leur entretien et le suivi des champs sur une période de deux ans renouvelables.

La coopérative des champs écoles paysans ?

Le message a tellement convaincu que les bénéficiaires ont décidé d’abord de créer un groupe WhatsApp pour rester en contact. Une idée qu’ils ont vite déclassé au profit de celle d’une coopérative qui leur permettra d’être au contact permanent pour se conseiller mutuellement, pour s’auto encourager et pour vendre leurs productions dans le cadre d’une coopérative.

A la fin de l’atelier, ils sont sollicités d’occuper la salle du CATI²-UDs pendant une heure supplémentaire, afin de réfléchir sur la faisabilité de leur projet de coopérative. Et comme dit u adage de chez nous, « qui veut aller loin ménage sa monture », ils en sont sortis avec un bureau provisoire chargé de réfléchir sur un projet de statuts. Ils se retrouveront avant la fin du mois pour leur assemblée générale constitutive.

Madame KANA Gisèle, présidente PI de la Coopérative.

«Après toutes les informations que les formateurs nous ont donné, nous avons très vite vu l’importance de ne pas aller en rangs dispersés. Et la coopérative apparait comme le moyen idéal pour rester ensemble, parce que cela va nous permettre de nous concerter, de nous rendre régulièrement visite pour voir comme chacun travail et apprendre des uns et des autres. Et si nous regardons le côté financier, je pense que la coopérative sur ce point est plus qu’un atout car elle va nous permettre de nous épanouir, de vendre groupé ce qui pourra nous faciliter d’avoir notre marché, de multiplier nos sources de revenus.  

En ce qui me concerne, je pratique un peu déjà de l’agroforesterie. J’ai près d’un hectare d’avocatiers. Je vais lui associer le bitta cola. Tout cela à côté du maïs, du haricot et des bananiers plantains. Nous ne voulons plus passer une année à travailler sur une seule spéculation comme jadis le faisaient nos parents. Les temps ont échangé, nous avons des experts comme l’Université de Dschang qui veut nous accompagner et nous ne pouvons pas rater cette main tendue qui, va nous aider à diversifier et à accroitre nos revenus.»

Augustin Roger MOMOKANA