#Komiaza.com- Ce qu’il convient de nommer « Affaire Elimbi Lobe », après son propos qualifiant le nationaliste Ernest Ouandié de « bandit », fait du Cameroun un territoire où le tribalisme menace la stabilité et la paix sociale. La lettre ouverte du ministre Jean de Dieu Momo, dit Fo’o Dzakeutonpoug, en dit long sur cette crise qui n’épargne personne.
Bonjour Nkem Motissong Benjamin Zébazé
J'ai lu ton post qui revient sur ce que j'avais dit en 2020 au sujet d'Ernest Ouandie. Tu avais porté Plainte contre moi à cette époque. Soutenu par Trois avocats de mes amis, du moins que je considérais comme tel. Y compris cette belle fille métisse Sawa avec laquelle je m'étais toujours bien entendu.
Oui j'avais été entendu dans une enquête préliminaire au sujet de ta plainte contre moi pour le compte de notre tribu commune, la tribu Bamiléké. J'avais également été entendu sur procès-verbal à la suite de la plainte du maire Bamiléké de Loum pour la même affaire. Oui une procédure pénale avait été ouverte contre moi à la suite de vos deux plaintes. Jusqu'à l'âge de 60 ans, personne au monde ne m'avait jamais porté plainte ni convoquer dans un commissariat. Et voilà que pour la cause politique en soutien au Président Paul Biya, j'étais attaqué de toute part. J'ai même été condamné à Paris dans la même veine.
Peut-être votre plainte n'a pas abouti à la suite de mes explications pendant l'enquête préliminaire : je suis Bamiléké comme vous et personne ne vous a donné mandat pour défendre notre commune tribu. Par ailleurs, je suis Bamiléké né à Dschang où j'ai vécu toute ma vie contrairement au maire Bamiléké de Loum qui est né à Loum et vécu à Loum où il est devenu maire.
Au fond, j'ai expliqué que mon post n'était pas une attaque contre ma tribu comme beaucoup l'ont affirmé pour me nuire, mais juste un témoignage de ce que j'avais entendu étant enfant en 1970. Sans mépriser la loi de réhabilitation de 1991 au début de la démocratisation de notre pays, une loi prise pendant les années de braises et de villes mortes pour calmer le peuple, sans nier le sens juridique d'une telle loi, j'explique simplement que je ne dénie pas aux nationalistes d'être traités en héros par leurs supporters mais que la notion de Réhabilitation étant une notion de droit pénal intervient à la suite d'une procédure pénale (article 69 du code pénal camerounais). Ernest Ouandie et Ahmadou Ahidjo ont fait l'objet de poursuites pénales pour atteinte à la sûreté de l'État et ont été condamnés. Le premier a été exécuté et le second est allé en exil.
Plusieurs années ayant passé et la nation voulant un climat d'apaisement notamment avec les villes mortes qui rappelaient les émeutes de Newbell, le parlement au nom du peuple camerounais a pris une loi de réhabilitation c'est à dire d'effacement de la condamnation pénale dont ils avaient été frappés. Une loi d'oubli. Une loi de pardon. Ce qui ne signifie pas que leur crime est absout ni qu'ils n'ont pas commis de crime. La nation décide juste de leur pardonner. Et l'article 2 de cette loi de 1991 énumère le sens de cette réhabilitation: ils pourront être cités dans des revues scientifiques, leur nom ne fera plus l'objet d'opprobre etc. Nulle part il n'est dit qu'ils sont devenus des héros nationaux ! Désormais l'opprobre sur leur personne est levée et ils ne sont plus considérés comme des bandits ou brigands comme avant. On a oublié leurs crimes. Mais ces crimes constatés par le tribunal existent. On les oublie juste. C'est ce que la loi veut dire. Mais vous ne pouvez pas empêcher leurs victimes de pleurer leurs morts et de les considérer comme les auteurs de leurs malheurs.
Un jour Peut-être Field Marshall et No Pity seront célébrés par leurs partisans comme des martyrs ou des héros de l'indépendance de l'Ambazonie ! Vous ne pourrez pas porter plainte aux descendants de Florence Ayafor de les traiter d'assassins et de tueurs assoiffés de sang. Voilà toute la problématique : deux camps s'opposent comme en 1960, celui des maquisards et de leur descendance et celui du pouvoir qualifié de fantoche. Je suis dans le second, avec Ahmadou Ahidjo, Paul Biya et non dans le vôtre et c'est mon bon droit.
Alors pourquoi me persécutez-vous?
#Fo'o Dzakeutonpoug 1er
MEDIAS
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