Fokoué : l’Honorable Tikobau Pierre Marie explique les lois votées en novembre 2024 aux populations.

Fokoué : l’Honorable Tikobau Pierre Marie explique les lois votées en novembre 2024 aux populations.

#Komiaza.com - Pour un mandat de cinq ans, l’honorable TIKOBAU Pierre Marie a animé dimanche le 9 février 2025 son quatrième compte-rendu parlementaire. Le meeting a eu pour cadre la salle des réunions de la Commune de Fokoué, dans le département de la Menoua.

Au menu des échanges, la loi N°2024/020 portant fiscalité locale, la loi N° 2024/016 portant organisation du système d’enregistrement des faits d’état civil, la loi N°2024/015 régissant la protection civile au Cameroun, et la loi N° 2024/018 portant exercice et organisation de la médecine traditionnelle ; la politique d’import substitution.

Pour animer ces différentes thématiques, l’honorable député TIKOBAU Pierre Marie a fait appel à trois spécialistes qui ont su partager les subtilités des lois avec l’auditoire composé des membres des bureaux des sections RDPC, OFRDPC et OJRDPC, les présidents de sous-sections RDPC Menoua Sud-Est, les conseillers municipaux, les conseillers régionaux, le personnel de la Commune de Fokoué, et les autorités locales amenées par le Sous-préfet et Madame la Maire.

A cette occasion, le Sous-préfet de l’arrondissement de Fokoué a rappelé au député qu’il a donné du sens à la maxime selon laquelle « Nul n’est censé ignorer la loi » car, dans la plus part des cas, très peu de personnes sont souvent au courant des lois, jusqu’à ce qu’elles s’y confrontent.

La loi N° 2024/020 portant fiscalité locale

NTEBOU NOHO André Marie, cadre au CDI (Centre divisionnaire des impôts) Menoua, par ailleurs Point focal de la Circonscription fiscale de Fokoué, a centré son exposé sur l’impôt synthétique. Il s’agit d’un ensemble d’impôts en un seul dans le but de l’efficacité en matière de collecte d’impôts, de l’élargissement de l’assiette fiscale et d’une organisation rationnelle du travail entre les services fiscaux et les collectivités territoriales décentralisées. 

Comme information de première main il est bon de savoir que tout citoyen âgé de 18 ans doit se faire immatriculer. Le numéro d’identification étant un incontournable dans l’obtention de plusieurs services : carte nationale d’identité, ouverture d’un compte bancaire, obtention de visa, abonnement à ENEO, permis de bâtir, etc. Le défaut d’immatriculation expose, après la période de sensibilisation, à une amende de 250 000FCFA.

Les impôts collectés sont logés non plus dans le trésor public, mais dans un compte créé à la BEAC que le maire peut consulter à tout moment et en disposer à souhait. Mais il va falloir sensibiliser les populations afin qu’elles se fassent identifier. Cela passe nécessairement par les messages lors des obsèques, des messes, les marchés, les réunions. Tout le monde va payer l’impôt car si quelqu’un ne travaille pas, il vit au moins dans une maison et pour cela doit payer quelque chose à l’Etat.

Loi N° 2068 portant Exercice et organisation de la Médecine traditionnelle

Selon le professeur ASSONTSA Robert, enseignant à la Faculté des sciences juridiques et politiques (FSJP) de l’Université de Dschang, la médecine traditionnelle fait désormais partie intégrante du système de santé camerounais, à la condition que le tradipraticien obtienne l’autorisation d’exercer, la pratique dans un cadre salubre.

Quelques incongruités tout de même : dire que la médecine traditionnelle fonctionnera sur la base d’un tarifaire fixé par l’Etat est une aberration. Parce qu’il s’agit d’une science à la limite non mesurable. Mais peut-être cela parce que l’Etat demande aux praticiens de tenir un registre dans lequel tous les patients sont enregistrés, le traitement appliqué, les frais, les conseils, etc.  

Même si l’Etat semble avoir oublié que la transmission de « ces savoirs et savoir-faire se fait de père à fils, de maître à disciple », il va falloir que les Tradipraticiens se fassent enregistrer quand même, s’arriment à la loi afin que la santé des camerounais connaissent des jours meilleurs. En plus, un tradipraticien ne doit pas avoir honte de référer à un spécialiste ou dans une formation sanitaire, selon le cas, le malade qu’il ne peut pas soigner. 

Loi N° 2024/016  portant organisation du système d’enregistrement des faits d’état civil.

Selon le législateur camerounais, tout être humain âgé de moins de dix-huit (18) ans est un enfant.

L’on note une certaine avancée qui s’apparente à un retrouver vers le duplicata, même si le mot ne transparait pas dans le texte. Une personne dont l’acte de naissance a été perdu peut voir le maire. En cas d’existence de la souche, le maire rempli une « copie intégrale » qu’elle signe. Elle vaudra acte de naissante jusqu’en cas de reconstitution de l’acte de naissance.

En plus, des centres d’état civil spécialisés sont créés dans les formations sanitaires de première, deuxième, troisième et quatrième catégorie afin de faciliter l’établissement de l’état civil. Il est rattaché au centre d’état civil principal. Ils sont compétents pour l’enregistrement des naissances et des décès survenus en leurs seins.  

S’agissant du mariage, la loi est précise. Il envisage l’inscription du numéro d’identifiant unique de chacun des époux sur l’acte. Il apparait également que l’opposition à la célébration d’un mariage peut découler de ce que le mariage coutumier n’a pas été contracté. L’opposition pourra être envoyée à l’officier d’état civil par courrier ou par voie électronique. L’opposition est envoyée par l’officier d’état civil au président du tribunal de Première instance.

La politique d’import substitution

Selon Bertin YOUWO, délégué régional des Marchés publics du Sud et Conseil régional de l’Ouest, la politique d’import substitution voudrait que les camerounais produisent massivement les denrées qu’ils consomment le plus afin d’empêcher que l’argent du Cameroun partent à l’étranger en vue de ravitailler le marché national.  Ainsi ils doivent cultiver beaucoup de mais, du manioc, de la patate douce. Cela pour réduire notre dépendance du blé importé de Russie. Que les Camerounais se lancent dans la pisciculture afin que progressivement le pays diminue l’importation du poisson.

Bien plus, en cultivant le maïs, le manioc, le soja, la patate, la pomme de terre à grande échelle, Fokoué deviendra forcément un bassin agricole. Bertin YOUWO a pris l’exemple de Bafou qui aligne une dizaine de camion tous les jours pour évacuer sa pomme de terre.

Augustin Roger MOMOKANA