#Komiaza.com- La loi sur la Protection civile au Cameroun a été promulguée le 23 décembre 2024 alors que les populations étaient déjà plongées dans les préparatifs de la fête de la Nativité. Komiaza.com a parcouru le texte pour nos lecteurs.
C’est quoi la protection civile ?
Au sens de la loi 2024/015 du 23 décembre 2024, la protection civile est un « ensemble d’activités de prévention, de préparation, de réponse et de relèvement ainsi que des moyens mis en œuvre pour la préservation des vies humaines et la sauvegarde des biens contre les périls de toute nature, en temps de paix comme en temps de crise. »
En cas de crise, il y a donc ce que la loi désigne « relèvement ». Il s’agit de tous les soutiens mobilisés pour reconstruire le bien-être des communautés sinistrées. Ces soutiens visent la reconstruction des infrastructures, la restauration du bien-être sous toutes ses différentes dimensions, c’est-à-dire social, économique, psychologique, physique, émotionnel.
Aussi, la protection civile se déploie selon les différentes phases :
- Prévention des risques de catastrophe
- Préparation de la réponse
- La réponse
- Le relèvement
A quoi sert la protection civile ?
La protection civile doit remplir un certain nombre d’objectifs identifiés par la loi. Elle n’intervient pas essentiellement après un aléa, mais comporte un aspect préventif. Ainsi elle doit: préserver les vies humaines et les biens ; sauvegarder l’environnement ; assurer l’information et l’implication des populations ; réduire la vulnérabilité de la population et développe les aptitudes de résilience ; promouvoir et préserver la solidarité nationale et internationale face aux risques et catastrophes.
Ainsi, « l’Etat et les collectivités territoriales décentralisées veillent à l’intégration du processus de réduction des risques, de préparation et de réponses aux catastrophes dans les politiques, plans, programmes et projets nationaux, régionaux et locaux de développement. » : Art 5.
Quels sont les principaux acteurs de la protection civile ?
La protection civile fait appel à une multitude d’intervenants : l’Etat, les collectivités territoriales décentralisées, les volontaires. Ces acteurs interviennent conformément au respect des plans généraux de réponse : le plan national de contingence, le plan régional de contingence, le plan d’organisation des secours et le plan de prévention des risques.
Ainsi les responsabilités sont à quatre échelles : la politique, l’orientation et la coordination relèvent de la compétence du ministre chargé de la protection civile, c’est-à-dire le ministre de l’Administration territoriale (MINAT). Lors du double éboulement survenu à la falaise de Dschang, c’est le MINAT qui, en principe, a déclenché le plan national de contingence. Une situation de catastrophe est d’ampleur nationale « lorsqu’elle touche plus d’une région ; lorsqu’elle dépasse les capacités opérationnelles régionale… »
Le Gouverneur de région, quant à lui, assure la coordination des mesures de prévention, de préparation, de réponse et de relèvement dans sa région. « Une situation de catastrophe est d’ampleur régionale lorsqu’elle touche plus d’un département dans une région ».
Le Préfet assure la coordination des mesures de prévention, de préparation, de réponse et de relèvement au niveau départemental. « Une situation d’urgence ou une catastrophe est dite départementale lorsqu’elle touche plus d’un arrondissements du même département ; ses effets dépassent les capacités opérationnelles d’arrondissement… »
Le Sous-préfet assure la coordination des mesures de prévention, de préparation, de réponse et de relèvement au niveau départemental. « Une situation de catastrophe est dite d’ampleur local lorsqu’elle est circonscrite au sein d’un Arrondissement ; ses effets ne dépassent les pas capacités opérationnelles d’un Arrondissement.»
Le volontaire est « une personne physique qui exerce librement et de façon désintéressée, une activité contractuelle, non rémunérée, à plein temps ou selon une programmation prédéfinie pour le bien commune ou pour une cause sociale, et peut bénéficier d’allocations forfaitaires, régulières ou ponctuelles, pour des besoins de subsistance. » Mais il convient de souligner que la protection civile au Cameroun, dans sa phase pratique, s’appuie sur le corps national des sapeurs-pompiers, le personnel de santé, les volontaires et les personnes requises.
Relevons, pour sortir, que « la déclaration de l’état de catastrophe » est par décret présidentiel à la demande soit du ministre chargé de la protection civile soit sur requête du gouverneur. « La déclaration de l’état de catastrophe peut donner lieu à la solidarité nationale ou internationale»
Gestion du double éboulement à la falaise de Dschang : où en est la protection civile ?
Le double éboulement de terrain survenu le 5 novembre 2024 à la falaise de Dschang était une catastrophe nationale. Au regard de sa gestion il est intéressant de connaitre si le ministre de l’administration territoriale a pas fait la demande au Président de la République afin qu’elle soit déclarée telle. Sa banalisation a eu comme conséquences l’abandon des dizaines de corps sous terre, l’abandon des familles des victimes à leur triste sort (sauf si l’Eta a agi dans l’ombre), la rupture du trafic routier sur cet axe qui relie le Littoral à l’Ouest et facilite l’accès au Nord-Ouest et dans une partie du Sud-Ouest. La rupture de la circulation quant à elle n’a ni durée envisagée ni de réelles mesures de sécurisation du site. Et comme conséquence, les mototaxis continuent leurs va-et-vient entre Dschang et Santchou.
Toute personne qui refuse d’assumer une tâche ou une fonction dans la protection civile est exposée à une peine de privation de liberté ou exposée à une amende. Il en est de même toute Autorité « qui s’abstient de relayer à l’autorité chargée de déclencher l’alerte toute information sur le risque ou la survenue d’une catastrophe ou d’une crise. »
Augustin Roger MOMOKANA
MEDIAS
Festival International Reconnection (FIR) : le rendez-vous des ancêtres s’installe à Dschang.
Du 5 au 8 février, l’Alliance Franco-Camerounaise de Dschang deviendra le centre de gravité d’une quête spirituelle et culturelle profonde, accueillant des délégations venues du Tchad et des États-Unis.
LIRE PLUS...







