Le premier Camerounais, Paul Biya, a regretté le fait que ses compatriotes soient frustrés par la gestion de leur pays. Heureusement, 2025 devrait être l’année du changement radical à tous les niveaux. L’abécédaire 2025 présente les onze grandes attentes du peuple camerounais.
A comme ACCIDENTS DE LA VOIE PUBLIQUE
Les accidents de la voie publique sont un phénomène préoccupant au Cameroun. Certes ils sont dus en grande partie à l’homme. Mais la qualité de nos ne devrait pas être négligés. Il n’y pas que les nids de poule, il n’y a pas que l’ivresse et la fatigue des conducteurs, mais l’étroitesse des routes est un souci qu’il va falloir corriger. Comparativement aux autres pays d’Afrique subsaharienne, le kilomètre de la route coûte excessivement cher sans que l’on sache pour quelles raisons. Construire des routes à double sens serait bénéfique dans la lutte contre les accidents de la voie publique. En plus, le Cameroun doit arrêter avec le gravillonnage. Il serait bénéfice et économique de construire 10 km de route que de gravillonner 30 km.
C comme COURAGE DU PEUPLE
Les Camerounais doivent faire preuve de courage, de témérité, d’audace et de détermination face aux mauvaises pratiques de gestion des affaires publiques. Dénoncer les dérives des gestionnaires, saisir la justice le cas échéant, affronter ainsi les égarements des autorités. Un peuple qui ne surveille pas constamment ses dirigeants est voué à demeurer dans la pauvreté et le sous-développement. L’une des méthodes de pression que le peuple peut convoquer, en cas de nécessité, c’est la pétition et la saisine des parlementaires ou de la justice.
La société civile, celle qui assure le suivi de l’exécution du budget d’investissement public, doit faire preuve de présence sur le terrain de la gouvernance publique. Ses observations et des accusations éventuelles contre les gestionnaires indélicats pourraient conduire à des décisions radicales contre les mis en cause d’une part, et l’amélioration de la gouvernance publique d’autre part.
D comme DECLARATION DES BIENS
L’article 66 de la Constitution de 1996 impose à une catégorie de Camerounais de déclarer leurs biens et avoirs avant l’entrée en fonction et à la fin du mandat ou fonction. Le président Paul Biya qui, disons-le, est l’auteur de cette constitution, n’a jamais respecté la loi que lui-même a fait voter aux députés. Il est attendu que dans la perspective des élections annoncées, qu’il donne le ton en déclarant ses biens. Cela aiderait beaucoup à lui emboiter le pas, notamment les membres du gouvernement, les directeurs généraux et leurs adjoints, les bureaux du parlement, etc.
Quelqu’un ne peut pas être à la tête d’un pays, décider d’une telle mesure et ne pas l’appliquer soi-même pour montrer le bon exemple. Une telle attitude rend coupable de toutes les dérives notées chez les gestionnaires de la fortune publique. L’article 66 doit entrer en vigueur cette année.
E comme ELECAM
Deux élections sont annoncées cette année : l’élection présidentielle et les élections régionales. Il s’agit d’un moment capital de la vie politique nationale. Pour cela, ELECAM (l’organe chargé de l’organisation et de la gestion des élections) doit prendre toutes les dispositions nécessaires à la préservation de la paix et à l’avancement de la démocratie. Sa crédibilité souffre des accusations de fraude des statistiques, de jouer le jeu du RDPC. Toute contestation violente des résultats des élections lui sera imputée au premier chef, parce que tous les autres acteurs accompagnent ses décisions.
F comme FORMATION PROFESSIONNELLE
Il est urgent de recadrer la formation professionnelle au Cameroun. Cet outil de lutte contre le sous-emploi et le chômage est infesté par la corruption et l’amateurisme. Les subventions que l’Etat accorde aux centres de formation professionnelle agréés sont une source du malaise que connait le domaine. L’Etat devrait être plus regardant sur le cadre, la qualification des formateurs, le coût de la formation. Encourager l’introduction des modules : entreprenariat, gestion d’entreprise dans toutes les formations afin de renforcer la possibilité des apprenants à devenir des créateurs d’entreprise. Créer au sein de chaque chef-lieu de département un incubateur d’entreprise pour la mise à niveau de tous les porteurs de projets issus des centres de formation professionnels.
G comme GRATUITE DES DIPLOMES
L’Office du Baccalauréat a annoncé que tout retrait tardif d’un diplôme de son ressort, est conditionné par le paiement d’une somme de 25000 FCFA par l’impétrant. La mesure est entrée en vigueur ce 1er janvier 2025. Curieusement, il est connu de tous que la délivrance des diplômes n’est pas automatique au Cameroun. Pour preuve, les établissements scolaires ont connu des bousculades pendant les derniers congés de Noël. Justement parce que les diplômés voulaient éviter de tomber sous le coup de ce qu’ils qualifient d’« escroquerie officialisée ». Malheureusement ces enfants dont la plus part sont en classe de terminale n’ont pas reçu leurs diplômes car ils ne sont pas encore disponibles. L’OBC opère comme la police qui se plaint de ce que les citoyens abandonnent les CNI dans les postes de police. La question devrait être « pourquoi ? »
I comme IMPUNITE
Le problème du Cameroun c’est l’impunité. Le Chef de l’Etat et la justice sont d’une passivité coupable vis-à-vis des gestionnaires de la fortune publique. Dans quel pays au monde des fonctionnaires peuvent-ils être propriétaires d’immeubles ? Dans quel pays au monde, si ce n’est le Cameroun, un ministre ou un directeur général d’entreprise publique dispose-t-il de plus de deux véhicules de fonction ? Cette passivité a instauré un laisser-aller dans la gestion. Raison pour laquelle la lutte contre la corruption et les détournements de deniers publics n’a produit d’effets louables. La prison semble n’avoir pas dissuadé les gestionnaires de la fortune publique. Il est souhaitable que des mesures radicales soient prises à l’effet de restaurer la morale publique : juger les personnes inculpées sur la place publique, confisquer tous leurs biens et avoirs si elles sont reconnues coupables, communiquer amplement sur la valeur et la destination de ses biens et avoirs, frapper ces coupables d’interdiction de participer aux activités politiques, de servir l’administration publique et/ou locale, les condamner à purger une peine de travaux forcés, par exemple, en les mettant à la disposition du Génie militaire pour emploi dans les chantiers publics. Le nouveau président devra faire montre d’une fermeté inébranlable dans la gestion du pouvoir.
P comme PAIX DANS LE NORD-OUEST ET LE SUD-OUEST
Le Président Paul Biya doit se faire violence par rapport à la crise en cours dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. Depuis 2017, année de l’éclatement de cette guerre civile, il n’a pas convaincu les Camerounais de sa détermination de mettre fin à ce carnage. Discuter de la crise avec les chefs traditionnels, les leaders d’opinion, les chefs spirituels plutôt qu’avec des fonctionnaires de l’Etat, les hommes politiques dont le seul but est d’assurer leurs postes ou de se faire remarquer est une piste qu’il n’a pas exploitée, du moins dans toute sa profondeur. Le Chef de l’Etat a constaté que le dialogue national n’a pas produit le résultat escompté, car sur le terrain, la guerre se poursuit, même si l’intensité du feu n’est plus le même. Peut le témoigner les chiffres relatifs aux personnes déplacées internes. La Menoua totalise près de 20 000 déplacés internes.
Q comme QUALIFICATION DES LIONS INDOMPTABLES POUR LA COUPE DU MONDE 2026
La Coupe du Monde 2026 se disputera dans trois pays du continent américain : Etats-Unis, Canada et Mexique. Le Cameroun devra faire partie des représentants africains. Mais lui faudra beaucoup travailler pour gagner sa place. Cela passe par une bonne prestation à la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) Maroc 2025. L’entraineur-sélectionneur Mark Brys a donc l’impératif devoir d’aller à la CAN avec des joueurs en forme et capables de tenir sur trois années. Ce qui semble compliqué, si l’on s’en tient aux résultats des autres catégories des Lions indomptables. Ils ne rassurent pas. D’où la pression qui pèse sur les épaules de Mark Brys qui, même s’il a envie de présélectionner de nouveaux joueurs, pourra ne pas disposer du temps nécessaire pour construire un système de jeu cohérent.
R comme REAMENAGEMENT du GOUVERNEMENT
Le gouvernement est pléthorique par rapport aux ressources du pays. Plusieurs départements ministériels se chevauchent. En plus, maintenir les mêmes personnes en fonction pendant une dizaine d’années cultive l’inertie, la mal gouvernance, le détournement des derniers publics, la corruption, la personnification du pouvoir, renforce le sentiment d’impunité. Ceux qui disent que chaque membre du gouvernement porte le budget du ministère dans ses poches n’ont pas tort, tout comme ceux selon qui le Cameroun ne peut pas devenir un pays émergent des dirigeants sclérosés. Le Cameroun pourrait mieux faire avec un gouvernement de 20 membres, des ministres exclusivement. Car au lieu de créer des ministres délégués, des secrétaires d’Etat, il serait plus utile de créer des agences spécialisées. A titre d’exemple, créer une Agence Nationale de la Protection Civile et de la Solidarité Nationale, placée sous la double tutelle du ministère de l’Administration territoriale et du Ministère des Affaires sociales.
V comme VIE CHERE
Les prix des denrées de consommation courante sont galopants. Il est attendu que les prix du carburant, les droits de douane, les prix d’électricité baissent, que la fiscalité soit repensée, que le train de vie de l’administration soit simplifié, que les salaires soient revus à la hausse de manière à refléter le niveau de vie. Il s’agit, en gros, de baisser le coût de vie. Ce sont autant de défis qui interpellent le vainqueur de l’élection présidentielle prochaine.
Komiaza
MEDIAS
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