Environnement : sonnette d’alarme contre la disparition des raphiales.

Environnement : sonnette d’alarme contre la disparition des raphiales.

#Komiaza.com - Si des mesures d’urgence ne sont pas prises pour stopper la destruction des raphiales, il est certain qu’il ne sera plus possible de boire du vin de raphia, d’avoir des meubles en bambou, d’avoir des tisserands, de construire les grandes cases traditionnelle dans les palais royaux, de refaire l’Entrée du Marché de Dschang dans dix ans.

Avoir le réflexe de la conservation et de la préservation des espèces.

Les raphiales qui autrefois, étaient une espèce végétale des plus courantes à l’Ouest-Cameroun sont victimes d’une destruction sans mesure, à cause de la vie chère et du manque d’engouement des populations pour le vin de raphia et les outils à base du bambou de raphiales.

Après l’abandon de la caféiculture, les villageois se sont attaqués aux raphiales. Puisqu’elles sont généralement dans les bas-fonds, il faut les détruire afin d’exploite la terre pour les cultures maraîchères. Ainsi, les raphiales sont détruites pour l’agriculture, mais aussi pour la fabrication des emballages pour tomates, poivron, poireau, etc. c’est à dessein pour eux car conscients que le raphia permet à l'eau de remonter en surface.

Il faut dire que les raphiales, considérées comme des espèces sauvages ont été plantées d’une part par les ancêtres pour servir plusieurs causes : produire la boisson, utilisation du bambou pour la fabrication du mobilier domestique, du plafond, de paniers, de contrevents, des clôtures, etc. vu sous cet aspect, les raphiales offrent des opportunités d’emplois pour les populations rurales. D’autre part par les rats palmistes qui emportaient les fruits et les enterraient un peu partout. Aujourd’hui, le litre de vin de raphiales coûte 200 FCFA. Or il est évident que le vigneron récolte 3 à cinq litres chaque jour, pendant deux semaines.

Nécessité d’une loi spécifique et d’initiatives personnelles pour replanter les raphiales.

Relever le défi de la replantation des raphiales est un défi individuel, à travers une politique nationale de reboisement spécifique. Cela pourra passer par l’adoption d’une loi spécifique qui encourage la plantation et les usages et règlemente les coupes. Ainsi, l’Etat devra mettre sur pied un projet pour encourager toutes les personnes qui se mettent à l’œuvre, par exemple en accordant des subventions substantielles aux pépiniéristes, en facilitant le marché des produits du bambou. S’il veut piloter le projet, cela ne marchera pas car, de nombreux projets ont échoué à cause de fonctionnaires trop enclin à la mal gouvernance.

Remettre le traditionnel vin de raphia au cœur des cérémonies.

Malheureusement, lors des cérémonies traditionnelles, personnes ne veut savourer du vin de raphia. Ils ont réussi l’exploit de le surnommer « je suis pauvre », comme pour dire que ses consommateurs sont des personnes incapables de d’acheter de la bière. Les raphiales indiquent l’abondance d’eau, un micro climat. Les chefs traditionnels, gardiens auto-proclamés des us et coutumes, ne sont pas préoccupés par cette crise identitaire. Pourtant ils devraient veiller à ce que toutes les cérémonies traditionnelles promeuvent la consommation du vin de raphia, sans chercher à tuer la boisson industrielle. Pas de raphia pas de mariage sacré ni d’offrandes ni de rite d'initiation. S’ils ne font rien, qu’ils retiennent au moins que de la même les chefferies traditionnelles vont disparaitre.

Augustin Roger MOMOKANA