Démocratie : voici les innovations que propose la nouvelle Constitution de la République Gabonaise.

Démocratie : voici les innovations que propose la nouvelle Constitution de la République Gabonaise.

Le Gabon vient de se doter d’une nouvelle Constitution. Celle-ci verrouille les dispositions traitant de la durée du mandat présidentiel,  de la définition de la famille, de la forme de l’Etat. #Gabon #Election présidentielle #Constitution #Libertés #Citoyen

Le Gabon « proclame solennellement son attachement à sa terre, à ses valeurs sociales profondes et traditionnelles, à son patrimoine culturel, matériel et spirituel, au respect des libertés, des droits et des devoirs du citoyen. » 

Le peuple gabonais a rendez-vous avec les urnes en 2025. Ce sera l’occasion pour lui de se voter son nouveau président de la république, car le Général  Brice Clotaire Oligui Nguema a déclaré qu’il ne sera pas candidat.

Dans la perspective de cette importance échéance électorale, ce pays frère du Cameroun s’est doté d’une nouvelle constitution. Elle a été approuvée le 16 novembre dernier par référendum à une majorité de 91,64% et promulguée ont le 19 décembre 2024.

La particularité de la nouvelle Constitution gabonaise qui rentrera en vigueur après l’élection présidentielle  prévue au plus tard en août 2025 est qu’elle a pratiquement été scellée.

« Les articles consacrant les principes et les matières intangibles  ne peuvent faire l’objet d’aucune modification. Les dispositions du président article (188) ne peuvent faire l’objet d’aucune révision.»

En effet, pour éviter toute modification éventuelle, une disposition de cette loi fondamentale stipule que nul ne peut exercer plus de deux (2) mandats à la tête du Gabon. Le mandat est de sept (7) ans renouvelable une seule fois.

Toute modification de cette constitution, précise l’article 188 traitant des intangibilités, discrimine les points ne pouvant subir de modifications.  Il s’agit notamment de : « la forme républicaine et décentralisée de l’Etat ; caractère pluraliste de la démocratie ;  de la séparation des pouvoirs ;  du nombre et la durée des mandats présidentiels ; du mode d’élection au suffrage universel direct du Président de la République ; la définition du mariage comme union entre un homme et une femme ; le nombre et la durée du mandat des membres de la Cours Constitutionnelle ; les dispositions des articles 187 et 192. » Un avis à tous ces politiciens dont le seul souci est de s’éterniser au pouvoir.

Bien plus, la Constitution engage en son article 21 le citoyen : « Chaque Citoyen gabonais a le devoir d’aimer et de défendre la Patrie ainsi que l’obligation de protéger et de respecter la Constitution, les lois et les règlements de la République.» 

Déjà, le président de la transition, le Général  Brice Clotaire Oligui Nguema a confirmé qu'il ne sera pas candidat à l’élection présidentiel et jure de rendre le pouvoir aux civils avec une élection crédible et transparente. 

« Lors de son entrée en fonction et à la fin de son mandat, le président de la République est tenu de produire une déclaration de son patrimoine devant la cours des comptes. »

Comme toute œuvre humaine, la Constitution de la République Gabonaise comporte quelques relents pouvant favoriser la dictature du président de la République. Il s’agit notamment des dispositions relatives au vice-président de la République, des dispositions livrant l’assemblée nationale et le sénat au président de la République qui peut les dissoudre avec la complicité de leur président et de celle du président de la Cour Constitutionnelle.  

La cérémonie officielle de signature de la loi référendaire n°002-R-2024 portant Constitution de la République gabonaise, ainsi que son décret de promulgation ont eu lieu le 19 décembre 2024 à la Place de la Libération à Libreville.

Augustin Roger MOMOKANA