Conférence Extraordinaire des Chefs d’Etat de la CEMAC : plus de peur que de mal, mais…

Conférence Extraordinaire des Chefs d’Etat de la CEMAC : plus de peur que de mal, mais…

#Komiaza.com - Les chefs d’Etat de la CEMAC : Paul Biya (Cameroun), Faustin-Archange Touadera (République Centrafricaine), Teodoro Obiang Nguema Mbasogo (Guinée Equatoriale), Clotaire Oligui Nguema (Gabon), Anatole Collinet Makosso (Premier Ministre, Congo), Tahir Hamid Nguilin (Ministre de l’Economie, du Budget, de l’Economie et du Plan, Tchad) étaient réunis lundi 16 décembre à Yaoundé dans la cadre d’une session extraordinaire consacrée à « l’évaluation de la situation et perspectives économiques, monétaires et financières de la CEMAC : mesures de la consolidation de la résilience. »

« Si rien n’est fait, selon diverses expertises, nous pourrions faire face à des conséquences désastreuses, à la fois pour nos pays et pour notre sous-région ».

Même si le pire a été évité, notamment la dévaluation du franc CFA évoquée par les experts, il va sans dire que les Chefs d’Etat de la Communauté Economique et Monétaire des Etats de l’Afrique Centrale (CEMAC) réunis en Conférence extraordinaire à Yaoundé ont voulu d’abord donner le signal, afin de préparer leurs peuples à ce qui suivra dans un moyen terme.

« Les perspectives des cours des matières premières et du commerce international s’annoncent défavorables.»

Dans son discours de bienvenue, le président Paul BIYA a mis en exergue les maux qui minent la CEMAC. Il s’agit de la baisse de « nos économies » et de  l’instabilité de « nos finances publiques ». Des crises qui ont comme conséquence les difficultés pour le Etats de payer leurs dettes extérieures et surtout la baisse des réserves de change où ces Etats sont obligés de puiser pour payer partie de leurs dettes  tout en s’endettant davantage.

Ces maux, a argumenté le président en exercice de la CEMAC, le chef de l’Etat Centrafricain, le Pr. Faustin Archange TOUADERA, ont trois causes principales : la baisse des cours des matières premières, les crises sécuritaires et la crise des financements. A cela, il convient d’ajouter le problème de management qui souffre des lenteurs dans l’exécution des projets, parfois des incompétents et de la corruption.

« Des efforts s’avèrent nécessaires pour accélérer la diversification économique et pour consolider les finances publiques. »

Parmi les engagements fermes pris par les chefs d’Etat de la CEMAC, relevons l’invitation faite à la Banque Mondiale et au Fonds Monétaire Internationale d’accompagner les Etats et la BEAC « dans le processus de rapatriement et de domiciliation des revenus pétroliers » ; s’engagent « veiller à un ajustement budgétaire à dimension sociale et préservant l’investissement » ; assurer la mise en œuvre des politiques et des reformes structurelles en vue de la consolidation la croissance économique et de la stabilité monétaire ». Enfin, « la conférence a renouvelé l’engagement des Chefs d’Etat en faveur d’une politique d’endettement prudente, privilégiant les financements concessionnels ».

Il convient de relever que les chefs d’Etat ont annoncé la signature, avant 30 avril 2025, des conventions de compte séquestre pour les fonds de restauration des sites (Fonds RES) par les entreprises extractives (pétrolières et minières) d’une part et l’organisation la même année par le Groupe de la Banque Mondiale et la Banque Africaine de Développement d’une conférence sur les financements du secteur de l’énergie d’autre part.

Augustin Roger MOMOKANA