Université de Dschang : bientôt un Livre Blanc sur les fragilités géologiques de la Falaise

Université de Dschang : bientôt un Livre Blanc sur les fragilités géologiques de la Falaise

#Komiaza.com - Dans le cadre de son appui au développement, l’Université de Dschang a annoncé la production imminente d’un Livre Blanc sur les fragilités géologiques de la Falaise  de Dschang. La décision, N°D13/000763/UDS/R/, prise le 29 novembre 2024 par professeur Roger TSAFACK NANFOSSO fait suite au double éboulement de terrain survenu le 5 novembre à la Falaise de Dschang. 

La décision du recteur de l’Université de Dschang, le Professeur Roger TSAFACK NANFOSSO, relative à la réalisation et mise à disposition  du gouvernement d’un Livre Blanc sur les sensibilités géologiques de la Falaise de Dschang, a été reçu comme un véritable pain béni aussi bien dans les hauts lieux que la rue. Car il s’agit d’un travail dense qui devra s’appuyer sur une analyse minutieuse de l’ensemble des travaux de recherches (maîtrise, master, doctorat, post doctorat) effectués sur la Falaise et les environs depuis la création de l’institution et sur des analyses de terrain effectuées par la Task-Force.

Pour ce faire, le recteur a mis sur pied une task-force interdisciplinaire  dont il assure personnellement la supervision, laquelle est présidée par le Vice-recteur chargée de l’enseignement, de la professionnalisation et du développement des technologies de l’information et de la communication, le professeur Nadine MACHIKOU Epse NDZESOP. Le professeur Bernard-Raymond GUIMDO DONGMO, vice-recteur  chargé de la recherche, de la coopération et des relations avec le monde des entreprises, assure la vice-présidence de la Task-Force, tandis qu’il revient au professeur Clotilde MOFOR, Doyen de la faculté des Sciences, et au professeur Lucas KENGNE, Chef de département des Sciences de la terre au sein de ladite faculté, d’assumer les rapports.

Le Livre Blanc dont la rédaction échoue le 30 décembre courant sera un ensemble de recommandations concrètes à présenter au gouvernement dans l’objectif de renforcer la sécurité des zones à risque comme celle de la Falaise de Dschang. Aussi la Task-Force composée de 25 experts d’horizons divers (Climatologue, Urbaniste, Vulcanologue, Géotechnicien, Géologue des altérations, Géologue de l’environnement, Géotechnicien et Hydrotechnicien, Forestier, Epidémiologiste, Psychiatre, Cartographe-géomaticien, Géomaticien) a pour mission, entre autres, de :

  • Procéder à un diagnostic multifactoriel des événements géologiques catastrophiques dans la région de l’Ouest ;
  • Répertorier les sources des éboulements de terrain récurrents dans ladite région en général et le long de la falaise de Foréké-Dschang en particulier ;
  •  Faire l’état des lieux des mécanismes existants et potentiels d’analyse et de gestion optimale desdites catastrophes, assorti d’une estimation des coûts ;
  • Formuler des recommandations  claires, pertinentes et chiffrées en matière de gestion optimale desdites catastrophes, reposant sur un horizon d’amélioration des politiques publiques y afférentes ;
  • Proposer un plan de transition adéquat pour faire face aux désagréments créés et contourner les difficultés de toutes natures causées par ces accidents ;
  • Exécuter toute autre mission qui lui est expressément confiée par le Superviseur général de la Task-Force.

A la lecture de la décision du recteur de l’Université de Dschang, plusieurs réactions ont été partagées sur les réseaux sociaux. Elles louent la décision, mais auraient souhaité l’ouverture de la Task-Force aux experts extérieurs à l’Université de Dschang, notamment ceux en fonction dans les instituts de recherche spécialisée au Cameroun et à l’étranger.

L’engagement pris le 29 novembre dernier par l’Université de Dschang fait suite au double éboulement meurtrier survenu à la Falaise de Dschang le 5 novembre, une catastrophe naturelle qui a causé des dizaines de pertes en vies humaines et d’importants dégâts matériels, et rendu le mouvement des automobilistes impossible sur cet axe routier qui relie les régions du littoral et de l’Ouest.

Rappelons que même si le Livre Blanc focalise la Falaise de Dschang, la décision indique un travail de fond sur toute la région de l’Ouest. Cela devra se faire progressivement, le plus urgent étant la Falaise. L’Université de Dschang par l’acte qui s’apprête à poser ouvre un pan dans la gouvernance des catastrophes naturelles, étant donné que son analyse transdisciplinaire va permettre aux décideurs, le gouvernement de la République du Cameroun, de comprendre le phénomène du 5 novembre, comment cela a été possible, comment y faire face, mais surtout comment anticiper sur les éventuels éboulements de terrain.

Augustin Roger MOMOKANA