Le Conte du jour : l'épreuve de la grotte.

Le Conte du jour : l'épreuve de la grotte.

#Komiaza.com - C’était à l’époque où les pirates et les animaux anthropophages sévissaient dans le désert. Trois hommes décidèrent de quitter leur pays au bord du Lac Tchad pour un pays lointain, très lointain où ils avaient rendez-vous avec une vie meilleure. Un jour, les trois hommes furent surpris par la nuit et prirent refuge dans une grotte afin d’être à l’abri de tout danger.

Au petit matin, à leur réveil, les trois hommes constatèrent que la porte de la grotte s’était refermée pendant qu’ils dormaient. Quelque chose de mystérieux a dû se produire. Mais comment faire pour en sortir ?

Les trois hommes s’inquiétaient. Et tandis qu’ils se tordaient les méninges, une voix stridente et vieille comme le monde prit par parole en ces termes :

« Voyageurs !  La seule chose qui vous aide à sortir d’ici c’est que chacun de vous dise au Ciel et à haute voix le plus grand bien qu’il a eu à faire à l’Homme  jusqu’à ce jour. Quel nul n’ose tricher, car la colère de Dieu serait sans pitié pour nous », leur dit-il.

Les trois hommes furent tellement tourmentés de panique qu’ils  se discutèrent la prise de parole. Mais ce faut le plus âgé, ce fils du tisserand, qui prit la parole le premier. Et il raconta :

« J'ai travaillé dans un pays lointain pendant de nombreuses années, et quand j'ai réuni la somme de cinq cent mille francs, j'ai décidé de rentrer dans mon pays. A mon arrivée à la porte de mon village, j'ai trouvé une foule surchauffée autour d'un cadavre. Les uns voulaient que l’on enterre le pauvre laitier, d’autres s’y opposaient fermement pour la raison que le mort était couvert de dettes. De son vivant, ce monsieur s'était endetté de quatre cent mille auprès d'un forgeron pour réaliser une affaire qui n’a pas été fructueuse. Alors, j'ai mis la main dans ma poche et j'ai payé sa dette. C’est ainsi que les parents du défunt ont pu enterrer leur enfant. Quant à moi, je suis rentré chez moi avec seulement cent mille francs dans les poches. Les gens se moquaient de moi, mais sans avoir une idée de ce que j’avais fait de ma fortune. »

Quand il finit de parler, la grotte trembla mais ne s'ouvrit pas. Et le plus jeune des trois, le puisatier, prit la parole. Et il raconta :

« Moi, il m’est arrivé de croiser une très jolie femme à peine pubère. Elle était d'une très beauté incomparable, belle comme la lune, avec un sourire gracieux et splendide qu’il sortirait n’importe quel malade du lit. Je lui ai fait des avances et elle m’a répondu qu'elle accepterait de se livrer à moi à condition que je veuille l’aider à traverser le long fleuve. Sans la moindre hésitation, j'ai accepté sa proposition. J’ai d’abord transporté son grand panier de fruits jusqu’à l’autre rive, en combattant le caïman tueur. Puis je suis revenu la prendre pour la transporter à l’autre rive. Cependant, dès que j’ai fini de déshabiller la prunelle de mes yeux, elle se mit à me supplier de la laisser, de ne pas la toucher au nom de Dieu car elle est la fiancée du prince héritier. A l'évocation du nom de Dieu et du prince héritier, j'ai décidé de ne plus la toucher et je l'ai laissée partir. »

Quand il finit de parler, la grotte trembla mais ne s'ouvrit pas. Et le dernier des trois hommes, le fermier, prit la parole. Et il raconta :

« Moi, j'étais propriétaire d’un grand cheptel de bœufs. J’avais un berger à mon service à qui je remettais un bœuf comme rétribution mensuelle. Cependant, advint une rude sècheresse qui décima mon cheptel. C’est ainsi que je perdis toute ma fortune. Le désastre survint alors que mon berger avait pris la permission pour aller rendre visite à ses parents dans son pays lointain. Comme par miracle, aucun bœuf de mon berger ne mourut. Les dix vaches avaient mis bas et les petits mis bas dix autres vaches qui, à leur tour, étaient en attente de mettre bas. C’est ainsi qu’à son retour le petit troupeau de bœufs s’était multiplié par trois. Mais je lui ai remis son troupeau de bœufs sans en avoir dissimulé une seule bête et, après lui avoir raconté ma mésaventure, j’ai décidé de quitter le pays pour aller au loin refaire ma vie. »

Dès qu'il termina son récit, une lumière dorée jailli dans la grotte, l’ai se fait plus doux et la grotte s'ouvrit. La voix du plus vieil homme se fit à nouveau entendre :

« Voyageurs ! Hommes qui partez chercher fortune dans le pays lointain, tachez de vivre dans l’honnêteté et l’amour du prochain. Car Dieu ne tolère pas la méchanceté, le mensonge, la médisance, la convoitise et la tricherie », leur dit la voix invisible.

Aussitôt le message reçu, les trois hommes sortirent de la grotte et reprirent leur route vers le pays lointain. 

Ce conte est une adaptation du conte éponyme par Momokana