Festival des Causes Nobles 2024: zoom sur les 72 heures de partages et de discussions.

Festival des Causes Nobles 2024: zoom sur les 72 heures de partages et de discussions.

#Komiaza.com - Rideau sur la 11e édition du Festival des Causes Nobles après trois jours d’intenses échanges autour de trois experts, le professeur Zacharie Saha, Perez  et Etiendem Romanus Etiendem.

Etiendem Romanus Etiendem, réalisateur et chercheur dans le domaine des arts, a ouvert le bal avec un atelier sur le développement humain orienté sur la gestion financière, le leadership et la gestion du temps. Un atelier qui a permis aux participants de s’approprier la planification financière, de prendre conscience de la frontière entre le moi artiste et le moi individu ordinaire, de maitriser le processus de conception d’une vision à court, moyen, long terme ;  et de l’élaboration d’une mission.

« Le numérique est une technologie qui s’offre au photographe. A ce dernier de savoir faire la jonction entre cette technologie et les principes de la photographie professionnelle. »

Perez, photographe professionnel, a pris le relai pour l’atelier sur la « photographie professionnelle à l’épreuve du téléphone portable. » d’emblée, l’expert se veut sans appel car au Cameroun on a plus affaire aux vendeurs de photographies qu’aux d’artistes photographes. Dans un tel contexte, le photographe professionnel n’a pas grand souci à se faire. Parce que son savoir-faire et son savoir-être le démarquent de la « racailles ». Selon l’artiste, il n’y a pas de honte à être autodidacte, tout repose sur la volonté et la disponibilité à s’ouvrir pour apprendre de professionnels expérimentés.

En rappelant les grandes étapes de l’histoire de la photographie, depuis Charles Jacques (1780) à l’apparition du téléphone portable avec une option photographie (2000), en partageant son parcours professionnel, Perez a convaincu les participants à cette édition du Festival des Causes Nobles de ce que « être photographe professionnel aujourd’hui nécessite une transformation. Pourquoi je veux être photographe ? Qu’est-ce qu’on doit retenir de moi ? »

« Le documentaire  peut être un outil puissant pour inspirer les changements sociaux, pour éduquer les publics et influencer les politiques publiques. »

En reprenant la scène, Etiendem Romanus Etiendem agit comme facilitateur de l’atelier « réaliser un film documentaire ». Ce jeune artiste avec plus d’une vingtaine d’expériences sait qu’il est possible en 12heures pleines (sur deux journées) d’outiller les participants aux rudiments pour comprendre ce qu’est le documentaire, les différents types de films documentaires, les étapes de la création, les financements, le business de l’art, des prises de vues et formats, l’utilisation de l’IA dans la conception et la réalisation. 

L’intense travail dans cet atelier a débouché sur un projet de documentaire sur Dschang. Un chronogramme a été arrêté. Il comprendre trois grandes articulations : la recherches et les repérages, le tournage, et enfin la projection. Le documentaire en question, dont le nom, le synopsis, le budget, et les figurants ont tous été identifiés sur proposition des participants.  Les participants ont décidé de poursuivre l’atelier à travers un groupe Whatsapp, jusqu’à la réalisation du projet du documentaire.

« Vous ne vous rendez pas compte de ce que vous devez à ceux qui vous ont précédés. Remonter la généalogie c’est assumer notre histoire, nos origines sociales et les liens de parenté.»

Zacharie Saha est Maitre de Conférences, Enseignant-chercheur au département d’histoire et archéologie à l’Université de Dschang. Il a animé l’atelier sur la généalogie. Un atelier très pratique aussi au cours duquel les apprenants ont été non seulement appris des enjeux et des défis de cette discipline qui participe de la biographie, mais expérimenté quelques exemples pour s’imprégner de cette discipline à la fois fastidieuse et exaltante. Mais convaincus que pour avancer il faut connaitre ses origines, ses racines, tout en ayant toujours à l’esprit que « nous vivons avec nos morts ».

Remonter la généalogie engage un travail de recherche soutenu. Des recherches sur l’état civil, les dossiers professionnels, etc. cela dans les bibliothèques, les archives, sur internet, des enquêtes de terrain au niveau des familles visées. Un travail de collecte et d’analyse méticuleux qui va permettre, à terme, de m’identifier,  de répondre à la question « qui suis-je ? De qui j’hérite le sang qui coule dans mes veines ? » Répondre à ces question va me permettre de construire ma propre personnalité, de remonter l’histoire de ma famille, de remonter notre culture, à éduquer nos enfants.

Les enjeux de la généalogie sont si nombreux et leurs implications sociales, politique, culturel, morale sont si complexes qu’une généalogie peut avoir un impact bouleversant sur la vie d’un groupe, d’une communauté.

L’objectif de la 11e édition du Festival des Causes Nobles, édition expérimentale, est de créer une 12e édition aux contours innovants.

Augustin Roger MOMOKANA