Visite de François Mitterrand au Cameroun en juin 1983 : 40 morts cachés au peuple !

Visite de François Mitterrand au Cameroun en juin 1983 : 40 morts cachés au peuple !

#Komiaza.com- Il s’agit d’une révélation fracassante et bouleversante pour les internautes.  L’honorable député Bindoua Mathurin Germain a finalement ouvert la boite de pandore.

Selon le Parlementaire, un charter organisé par  le Dja-Et- Lobo dans le but d’aller accueillir le président français François Mitterrand à Yaoundé avait essuyé un accident à Nkombe,, faisant 40 morts. 40 morts que les organisateurs du charter ont tout fait pour ne masquer afin que cela n’entache pas le séjour de l’hôte du Chef de l’Etat.

Coup de gueule du Parlementaire

 « (…) C’est le gouvernement commis par le Chef de l’Etat qui améliore les conditions et le cadre de vie des populations. Malheureusement il n’en n’est pas question s’agissant du département du Dja-Et-Lobo. J’ai même envie de vous dire, c’est un accident de trop. Peut-être ceux qui ont passé 40 ans dans cette ville peuvent se rappeler de ce que à l’invitation de Monsieur le Président de la République, adressée à Monsieur le Président de la République Française, en la personne du regretté Monsieur François Mitterrand, il vous souvient que nous avons organisé un charter ici qui, malheureusement, n’a pas atteint sa cible qui était Yaoundé. Cet accident a eu lieu pratiquement dans la même zone et nous avons perdu 40 de nos frères et sœurs. On n’en n’a pas parlé, peut-être parce que ce cas est patent. Mais il vaut mieux qu’on en parle.

Monsieur le préfet du département, je voudrais vous saisir officiellement pour vous dire, cette fois comme Parlementaire, pour vous dire que vous êtes le représentant du Chef de l’Etat, vous êtes le représentant de chacun des ministres. Nous devons nous saisir de cette opportunité que cet accident nous offre. En ce moment même, le ministre des Travaux Publics a engagé des travaux sur la Nationale N°9, section Mbalmayo-Sangmélima. Nous entendons dire que c’est un entretien confortatif. Est-ce que c’est normal 40 ans de pouvoir que nous soyons encore entrain de parler des entretiens confortatifs sur un axe que le Président de la République emprunte à tout moment ? Cela nécessite une conscience, j’allais dire collective.

Monsieur le préfet, autre chose : nous venons de maudire le village Nkombe. Moi je dis non. La faute est à qui ? Figurez-vous, chers messieurs, peuples de Dieu, le Président de la République a entrepris de placer les fils de ce département, quatre, à la tête des ministères de souveraineté qui sont : le ministère des finances et le ministère de l’économie. Nous avons tenu ces ministères pendant des décennies. Où est le bilan ? Ecoutez-mois bien !  Je ne fais pas de procès à qui que ce soit, mais ceux qui ont vécu chez les Britanniques savent ce qu’on appelle le joint-venture. Le joint-venture veut dire, en langage faille, tu me donnes je te donne. Je suis tu es. Qu’est-ce que ça veut dire ? Je suis ministre des travaux publics, tu es ministre des finances. Fils de ce pays, quand il y a un acte à poser à l’Ouest, il faut en poser un au sud pour que moi le financier je paie les deux actes. Mais ce n’est pas tout à fait ce qu’on voit. Nous ne voyons que de l’agitation politique quand il faille qu’on vienne alimenter les jeunes ici, pour combattre les autres jeunes (...) s’il arrive que nous allions en justice avec lui [Président de la République, ndlr] il gagnera le procès haut la main parce qu’il nous a tout donnés, mais nous n’avons pas saisi l’opportunité qui nous a été offerte par lui.et compte tenu du fait que c’est le Président de la République du Cameroun, vous conviendrez avec moi qu’il ne viendra pas faire ce pourquoi il a commis ses ministres issus de ce département. »

Rappelons que le président français, François Mitterrand a visité le Cameroun dans le cadre d’une visite officielle de quarante-huit heure, le 20 et 21 juin 1983. Un voyage qui intervient quelques jours seulement après que le président Paul Biya arrivé à la magistrature suprême huit mois plus tôt a remanié son gouvernement, mettant hors-jeux des ministres très influents (Ayissi Mvondo, Guillaume Bwelle, Samuel Eboua, Sadou Daoudou) d’Ahmadou Ahidjo.

L’Honorable Bindoua Mathurin Germain quant à lui est membre de la Commission des finances et du budget de la 10ème Législature de l’Assemblée Nationale du Cameroun. Il a, à l’occasion d’une messe de requiem pour les victime de l’accident de circulation qui s’est produit le 9 octobre 2024 au lieu-dit Nkombé, sur l’axe Mbalmayo – Sangmelima, lequel a fait 15 morts et 10 blessés, dénoncer l’inconscience dans l’exécution des chantiers publics.