Après plus de deux ans d’une féroce bataille judiciaire, le Tribunal de Grande Instance de Dschang a rendu son verdict ce mardi 9 juin 2026 dans l’affaire du meurtre présumé du Dr Blanche Laure Ndontsa. Poursuivi pour le meurtre de son épouse, le professeur Christian Fouelefack a été officiellement déclaré non coupable au bénéfice du doute, ordonnant sa libération immédiate après vingt-six mois de détention provisoire.
L'effondrement de l'accusation face au bénéfice du doute
Le feuilleton judiciaire qui tenait la communauté universitaire et l'opinion publique camerounaise en haleine a connu son épilogue ce mardi matin. Arrêté et incarcéré à la prison principale de Dschang peu après le décès tragique de son épouse, survenu dans l’après-midi du 13 avril 2024, l’enseignant et homme politique a toujours clamé son innocence. La collégialité des juges s'est finalement rangée derrière les arguments de la défense, estimant que la culpabilité de l'universitaire n'avait pas été rigoureusement établie sur le plan matériel et juridique.
Ce verdict de relaxe consacre le triomphe de la stratégie de rupture menée par la défense, marquée par la plaidoirie finale historique du bâtonnier Patrice Monthe lors de la dernière audience, et la mémorable lettre posthume que l’accusé avait adressée à sa défunte épouse pour dénoncer la cabale familiale dont il s'estimait victime.
Le crash scientifique des rapports médico-légaux
Le nœud gordien de ce procès criminel reposait sur une violente contradiction d'expertises médicales que le tribunal a jugée insurmontable. D'un côté, le rapport initial du Pr Noubom Michel, directeur de l’Hôpital régional annexe de Dschang — ayant examiné le corps frais à la demande de la police —, attestait de l'absence totale de violences physiques apparentes. De l'autre, une contre-expertise tardive réalisée sur le corps congelé concluait à une « mort criminelle par traumatisme cranio-encéphalique avec déplacement de corps ». Face à ce grand écart scientifique et à l'alibi téléphonique de l'accusé, le tribunal a appliqué le principe fondamental du droit pénal : le doute doit impérativement profiter à l'accusé.
Cap sur les obsèques et la reconstruction familiale
Au-delà de la portée politique et judiciaire de cette décision, ce verdict de non-coupabilité va enfin permettre d’amorcer le processus de deuil pour cette famille déchirée. La sentence implique la levée immédiate des scellés judiciaires qui frappaient la dépouille du Dr Blanche Laure Ndontsa, conservée à la morgue de l’Hôpital régional annexe de Dschang depuis plus de deux ans. Désormais libre de ses mouvements, le professeur Christian Fouelefack devrait avoir pour priorité absolue l'organisation des obsèques de son épouse afin de lui offrir une sépulture digne, tout en s'attelant à reconstruire sa vie auprès de ses enfants, qui l'ont soutenu tout au long de ce calvaire.
Par Komiaza
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